Groupe de gauche et écologiste au Conseil municipal de Thiais
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Résidence des Baudemons

Article publié le 4 novembre 2021 dans Le Parisien

« On ne vient pas pour gâcher la vie des autres » : à Thiais, la présence des migrants dans l’ex-maison de retraite dérange.
Depuis le 10 octobre, la résidence des Baudemons, propriété de la Ville de Paris, est occupée par plus d’une centaine de migrants, encadrés par l’association United migrants. Alors que la trêve hivernale a débuté le 1er novembre, leur squat pose toujours question.
Madina Traoré, 22 ans, habite une chambre du troisième étage de la résidence des Baudemons avec son compagnon et ses deux enfants.
Le 4 novembre 2021 à 13h48
Jean-Philippe fulmine. Ce riverain de la très calme rue des Baudemons, à Thiais (Val-de-Marne), ne supporte plus de voir « les allées et venues incessantes » à deux pas de chez lui. Des migrants squattent depuis plusieurs jours un bâtiment désaffecté. Inquiètes, 166 personnes ont signé une pétition pour exiger leur expulsion.
Tout commence le 10 octobre. L’association United migrants, initialement basée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui avait déjà installé au printemps des migrants à Vitry-sur-Seine, prend l’initiative d’investir illégalement cette ancienne résidence pour personnes âgées en situation de précarité, laissée à l’abandon depuis l’été par son propriétaire, le centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP).
Quelques jours plus tard, le 13 octobre, le maire de Thiais Richard Dell’Agnola (LR) exhorte la préfecture du Val-de-Marne de procéder à une expulsion sous 48 heures. Une demande restée sans réponse.
Carole Perron fait partie des riverains qui s’opposent à cette occupation. Selon cette mère de famille, le problème est à la fois la sécurité des habitants et la sienne. « Je n’ai qu’une maison d’écart avec la résidence, s’il y a un incendie je serais forcément touchée », déplore-t-elle.
Si cette Thiaisienne s’inquiète des risques d’incendies c’est en raison d’un état réglementaire des lieux remis à la ville de Thiais, à l’été, par la Ville de Paris. Selon Richard Dell’Agnola, « les rapports sur le risque incendie et sur l’électricité étaient très mauvais ». Bien que le maire ait reçu les riverains pour leur montrer son soutien, il s’en remet désormais « aux autorités compétentes pour prendre leurs responsabilités ».
La Ville de Paris affirme de son côté que le bâtiment ne présente « aucun risque pour les riverains ». Elle ajoute que l’abandon des lieux s’est fait pour « des raisons de commodités », non pour un problème d’insalubrité. La préfecture du Val-de-Marne rappelle quant à elle qu’il n’est pas possible « d’expulser des personnes installées dans un bâtiment sans décision de justice », sans donner plus de précision.
Du côté de l’association United migrants, on défend une bonne tenue des lieux. Alors que le maire de Thiais s’appuie sur un comptage de la police datant du 13 octobre pour affirmer que « 228 personnes sont présentes sur place », Romain Prunier, le trésorier de l’association, assure que désormais « il n’y a plus que 150 occupants ».
Pour assurer le dialogue et apaiser les tensions avec le voisinage, Moussa, un résidant sénégalais de 24 ans, a été nommé porte-parole et interprète de l’association. Lui qui a fui son pays pour échapper aux châtiments qu’il subissait du fait de son homosexualité s’efforce de défendre que « quelqu’un qui est prêt à tout pour sauver sa vie ne vient pas pour gâcher celle des autres ». Un cri du cœur lancé au voisinage.
Pour aider Moussa, Landy Sanogo a été nommé responsable de la sécurité. Lorsqu’il n’est pas occupé à s’assurer que le calme règne au sein de la résidence, cet Ivoirien d’une trentaine d’années répète à qui veut bien l’entendre : « Tout ce que je veux, c’est travailler ! Quand j’aurai mes papiers, tous mes problèmes seront réglés. » Le tout en faisant mine de s’essuyer le front, comme si la sueur en dégoulinait déjà.

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